Selon un rapport de l’Unicef-Cameroun, les enfants et les femmes font face à de nombreux problèmes dans le Nord et l’Est Cameroun. Il n’existe, sur le terrain, aucun mécanisme ni système institutionnels pour les identifier et les protéger, encore moins, la moindre disposition pour leur prise en charge psychosocial, en vue de gérer les traumatismes causés par les conflits, la violence ou les autres crimes dont ils ont été victimes.
C’est ainsi que l’Unicef et ses partenaires, dont le HCR, le ministère camerounais des Affaires Sociales, des ONGs nationales et internationales souhaitent augmenter leur capacité d’intervention et promouvoir la mise sur pied de réseaux formels et informels de protection des enfants et des femmes face aux dangers auxquels ils sont exposés quotidiennement. Et aussi à exhorter la communauté internationale à multiplier les négociations en vue de la résolution des conflits dans la sous-région.
La situation du VIH/SIDA dans ces deux régions est des plus alarmantes. L’Unicef croit savoir que l’exposition des enfants et des femmes à cette maladie y est sans cesse croissante, à cause du trafic transfrontalier entre le Cameroun, la RCA et le Tchad. Le taux de prévalence du VIH/SIDA dans la région de l’Est en dit d’ailleurs long, qui est de 8,9%, sur une moyenne nationale de 5,5%, selon des statistiques qui commencent à dater, puisqu’elles sont de 2004.
L’Unicef et ses partenaires viennent en outre de réaliser une étude sur les besoins en éducation des enfants de réfugiés en Afrique centrale. Une analyse qui a conclue à un besoin urgent d’améliorer l’accès à l’éducation de ces enfants. Selon cette étude, il faudrait construire 130 écoles, particulièrement dans la région de l’Est.
La situation est donc pour le moins préoccupante dans ce pays, le Cameroun, qui passe pour être un havre de paix dans l’océan de turbulences qu’est l’Afrique Centrale. Malgré la bonne volonté d'accueil des autorités camerounaises et au vu de sa situation économique, le pays n'a ni les moyens ni les structures d'accueil surtout à long terme d'un tel afflux de réfugiés. Pourtant la communauté internationale semble continuer à ignorer ce volet dans ses efforts de résolution des conflits qui secouent la sous-région Afrique Centrale, notamment le Tchad et la République Centrafricaine.
La visite au Cameroun de Mia Farow ambassadrice de l'Unicef du 13 au 18 septembre 2009 est une aubaine, pour dévoiler au monde le drame qui se joue au quotidien dans les zones frontalières entre le Cameroun et ses voisins que sont la RCA et el Tchad. Une belle occasion, pour les autorités camerounaises et l’Unicef, de donner plus de visibilité à la situation humanitaire au Cameroun et faire prendre conscience de l’urgence d’une plus grande implication de la communauté internationale. Ils voudraient surtout profiter de l’aura de cette militante humanitaire, pour en faire le porte-parole des enfants du Cameroun et rallier d’avantage de donateurs à leur cause. L'actrice américaine a déjà conduit avec succès ce genre mission en Angola, au Tchad, en République Centrafricaine, en République Démocratique du Congo, à Haïti et au Nigéria.